Je suis toujours en vie mais accaparé par un projet lié à Moondog qui me prend tout mon temps. Je vous post un vieux fond de tiroire histoire de concerver ce blog et puis de vous faire un petit coucou. J'en profite d'ailleurs pour vous diriger vers le Blog de Brieuc et Guillaume, ils ont 14 piges et sont fans de Rock sixties, et ce sont mes amis : ça se passe ici.
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Ils était jeunes, fringants et talentueux. Dix ans avant l'avènement du Disco et leur performance pour la B.O du Saturday Night Fever de John Badham les Bee Gees excellaient en matière de Pop Orchestralo-Psychédélique. Et ça on le dit pas, ou trop peu ! Si aujourd'hui on garde d'eux l'image de frérots ringards, barbus, et affublés de blousons de cuir ouverts sur leurs torses tomenteux, il n'en fut pas toujours ainsi. Car jadis les frères Gibb utilisaient leurs talents de mélodistes à des fins hautement louables, telle que la réalisation d'un disque Pop bourré de titres qui n'ont pas à pâlir devant certains morceaux des Beatles. Attendez, je vous entend déjà crier aro sur ma misérable personne comparant les Bee Gees aux Fabulous Four. Intolérable ? Pas tant que ça.Nous sommes en 1967, Robin, Maurice et Barry Gibb ont alors 17 ans pour les deux premiers et 19 ans pour le dernier. Depuis 1956 les trois frères composent ensemble, ils ont déjà publiés deux albums sur de petits labels australiens. En 1967 donc, les voilà de retour sur leur Terre natale, l'Angleterre, qu'ils avaient quitté quelques années plus tôt en 1958 quand la famille Gibb avait émigré en Australie. C'est d'ailleurs là bas, en Australie, que les Bee Gees s'augmentèrent de Colin Peterson (batterie) et de Vince Melouney (guitare soliste). Le 24 Février de cette même année 67 Robert Stigwood (Cream) devient leur manager et il leur fait signer un contrat de cinq ans avec Polydor Londres qui sortira le14 Juillet de cette même année l'album dont je vais vous parler dans quelques lignes : Bee Gee's 1st.
L'attention que les Bee Gees attirent sur eux n'est pas dues au fait du hasard, si la chance leur sourit c'est qu'ils le mérite. Aussi bien au niveau des vocaux que de instrumentalisation, nos frangins peuvent être considérés comme le penchant anglais des frères Wilson (The Beach Boys). En témoignes les morceaux Turn of the century, Holiday, Red chair fade away, New york mining disaster 1941, parfaits exemples de Pop Orchestrale typique de l'époque sur lesquels en plus des instruments classiques de la Pop se retrouver mêler cordes, cuivres clavecins et mellotrons (instrument créé au milieu des années 60 qui donna le son si caractéristique de Strawberry Fields Forever des Beatles, puis fut la marque de fabrique des Moody Blues). La musique dessine des courbes dansantes et colorées, les vocaux envoutants des frères Gibb fleurissent tout au long de ces premières chansons.
Impossible de ne pas noter la lourde influence qu'exerçaient les Beatles, déjà à cette époque, sur leurs contemporains. De l'utilisation du mellotron, du clavecin et des cuivres, à la chanson In my own time qu'on croirait tout droit sortie de Revolver, en passant par le jeu de Colin très proche par endroit de celui de Ringo, tout ici est succeptible de nous rappeler les Fab Four. Un élément de plus, et pas des moindre, va dans le sens de cette comparaison ; la pochette est signée Klauss Voorman, ami très proche des Beatles qui avait réalisé un an plus tôt la sublime pochette de Revoler puis finira par jouer dans les albums solo des musiciens après leur séparation.
Ce disque serait donc totalement parfait ? Hélas non, si le début est plus que prometteur, passé la septième chanson du disque l'auditeur pourra ressentir une certaine forme de lassitude. Sur la fin les compositions pèchent par manque de originalité : le côté attrayant de la Pop Orchestrale disparait rapidement lorsque les mêmes schémas sont systématiquement repris. Déjà peut-être One minute woman sur la première Face était annonciateur du léger relâchement mais tout soupsons furent alors balayés par la suite avec le parfait In my own time. Mais là ! To love somebody sera le début d'un déclin fulgurante ; le violoncelle bouscule nos tympans d'entrée de jeu, les cuivres sont presque oppressant et le final est sirupeux à souhait, au résultat on obtient une vaine et désespérante tentative d'égaler la soul d'Otis Redding. La suite ne rattrapera malheureusement pas ce dérapage incontrôlé, I close my eyes est à la limite du désagréable avec des parties de batterie xxx et une utilisation de l'orgue peu judicieuse. Sur I can't see nobody c'est la voix principale qui flanche. Les deux chansons restantes sont trop niaises et ne valent même pas la peine que je...
Raaaaaaaaaaaah quel gâchis mes amis, si j'avais su, si seulement j'avais su qu'il ne fallait écouter de ce disque que sa première moitié, je me serais arrêté là et aurais pu ranger ce disque aux côtés de Revolver des Beatles, de Pet Sounds des Beach Boys ou de Story Of Simon Simopath de Nirvana. Au final on obtient donc là un disque d'une rare inégalité, avec une première Face prodigieuse atteignant des sommets mélodiques indéniables, et une seconde qui ne fait que descendre en flèche dans les abysses mielleux d'une Pop devenue dégoulinante. Alors certes oui c'est du gâchis, n'en demeure pas moins que le début du disque vaut largement la peine qu'on se le procure, 2006 a d'ailleurs vu la parution d'une réédition double CD (un disque avec les titres originaux, un autre avec des prises alternatives et des chansons datant de cette époque et n'ayant pas été sélectionnées pour figurer sur le disque).
The Bee Gees - 1st :

01. Turn of the Century (2:25)
02. Holiday (2:54)
03. Red Chair, Fade Away (2:19)
04. One Minute Woman (2:17)
05. In My Own Time (2:14)
06. Every Christian Lion-Hearted Man Will Show You (3:39)
07. Craise Finton Kirk Royal Academy of Arts (2:18)
08. New York Mining Disaster 1941 (2:10)
09. Cucumber Castle (2:04)
10. To Love Somebody (3:01)
11. I Close My Eyes (2:23)
12. I Can't See Nobody 3:45)
13. Please Read Me (2:17)
14. Close Another Door (3:29)


Bon aprem :)