Maintenant parlons un peu de Holger Czukay. Derrière ce nom rigolo sa cache le bassiste, ingénieur du son et co-fondateur de Can, groupe dit de Krautrock (pour Rock Choucroute, ce qui est parfaitement con et mesquin puisqu'on dit Rock Anglais ou Rock Français et non pas Rock Pudding ou Rock Camembert !). Can groupe phare du Rock Allemand donc. Eh bien moi je me suis pris d'affection pour cet amusant énergumène qu'est Czukay. Regard d'enfant, drôle de moustache et musique maboule, tombé dans la marmite Rock à l'écoute de I Am the Walrus (Koo koo kachoo), un être décalé comme je les aime somme toute !Présent dans tous les disques de Can excepté Out of Reach, Holger Czukay a aussi eu une carrière solo bien remplie. Plus d'une vingtaine de disques solo, des collaborations multiples et surtout une créativité remarquable. On ne pouvait guère en attendre moins d'un des membre clée d'un groupe tel que Can n'est-ce pas ?
Der Osten Ist Rot est le seul album de Czukay que je connais intégralement et que je possède, à vrai dire. La pochette et le fait que Czukay fut membre de Can me firent acheter ce vinyle dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Dans le cas de ce genre d'achat, généralement ça passe ou ça casse. En ce qui concerne ce disque, Czukay est toujours à la limite entre le génie total et l'emmerdant profond (la frontière est maigre on le sait tous). Pourtant l'histoire commençait bien, The Photo Song est un titre remarquable, drôle et entrainant plutôt Pop même. Hélas ça se gate très rapidement, Bankel Rap est un rythme répété servant de fond à des paroles en allemand que je ne peux comprendre (sauf un passage où Czukay parle de Yasser Arafat, me voilà bien avancé...) et quelques subtiles delay collés sur des orgasmes par-ci par-là, des bruits de tir, d'explosion, d'orchestre classique, j'en passe et des meilleurs, et surtout le cor de chasse français qui fait ici sa première apparition dans ce disque sur cette chanson, et sera mis en valeur dans le titre éponyme un peu plus loin. Rhönrad sera en quelque sorte le deuxième "bon" morceau de la face A avec son répétitif son de piano de cabaret au son sautillant... Mais il n'y a pas grand chose de folichon à proprement parler.
La Face B elle, comporte certains des pires trucs que j'ai jamais entendu, Schaue Vertrauensvoll In Die Zukunft en tête, est un titre bruitiste à l'extrème, quand à la huitième piste elle pourrait très aisément se résumer à ça : Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium, Das Massenmedium et ce tout le long de ses 4 minutes. En revanche ! Le morceau Träum Mal Wieder est superbe et très prenant, je vous conseil très vivement son écoute.
Le titre éponyme restera la pièce majeur de l'album, la plus intéressante. Czukay y sample et utilise avec brio certains passages du chant révolutionnaire chinois faisant les louanges de Mao : L'Orient est rouge. Les percussions de Jaki Liebezeit (membre de Can lui aussi) et le cor de chasse français ainsi que la basse de Czukay font de ce titre un morceau expérimental haut en couleur, imprévisible à souhait, oscillant plus que jamais entre bêtise et talent.
Pour conclure on ne retiendra véritablement que les deux premiers morceaux des deux Faces, avec une mention spéciale pour le dernier titre qui clôt tout de même l'album de façon remarquable.
Holger Czukay - Der Osten Ist Rot (The East Is Red) :

01. The Photo Song (3:40)
02. Bänkel Rap (5:27)
03. Michy (3:41)
04. Rhönrad (1:36)
05. Collage (3:27)
06. Esperanto Socialiste (1:38)
07. Der Osten Ist Rot (5:55)
08. Das Massenmedium (3:52)
09. Schaue Vertrauensvoll In Die Zukunft (2:23)
10. Träum Mal Wieder (7:26)

Voilà un album d'une très grande importance ! C'est là le premier disque du groupe The Pink Fairies, séminal groupe de Hard Rock teinté de psychédélisme savamment dosé, préfigurant par endroit la mouvance punk et pire encore : le grunge. Alléchant n'est il pas ? Historiquement, cette formation composée de Paul Rudolph (Guitare et Vocaux), Duncan Sanderson (basse), Russell Hunter (batterie) et Twink (batterie et vocaux) (ce dernier collabora - pour la petite histoire - avec Syd Barrett au sein du sorte de « power-trio » formé par ce dernier en compagnie de Jack Monck) est liée à un autre groupe important, The Deviant et leur leader Mick Farren (dont Paul, Duncan et Rusell faisaient partie). C'est de tout cet imbroglio underground période fin 60 début 70 que s'extirpent les Pink Fairies avec leur premier véritable album Never Neverland.


Vous souvenez vous de Turlogh O'Carolan ? Non hein... C'était un harpiste irlandais né en 1670, il fut l'un des derniers grands compositeurs professionels d'Irlande. En l'occurrence vous pourriez éventuellement le connaitre puisque j'en ai parlé à plusieurs reprise dans mon article au sujet de l'album The Hermit de John Renbourn. Eh bien c'était ce fameux O'Carolan qui usait du terme « Planxy » dans les titres de ses compositions pour signifier « en hommage à... », et c'est en son hommage que le groupe CLAD composé de Christy Moore (voix, guitare acoustique, bodhran) Liam O'Flynn (cornemuse irlandaise, flûte irlandaise), Andy Irvine (mandoline, mandole, bouzouki, vielle, harmonica) et Dónal Lunny (bouzouki, guitares), prit pour nom définitif Planxy.
